Gérer les risques aujourd'hui et demain

Transports en Île-de-France : le nouveau plan de sécurité

15-03-2017

Le Syndicat des transports d'Île-De-France mise sur une nouvelle force de 200 agents de sécurité et vise à vidéoprotéger l'intégralité des véhicules de transport de passagers d'ici 2021 (trains, bus, trams). Plus inattendues, 20 brigades cynophiles devraient entrer en fonction d'ici la fin de l'année. Enfin, un PC de sécurité devrait centraliser les opérations des différents réseaux de transport.

Valérie Pécresse, , présidente de la région Île-de-France
et à ce titre également du Stif. © TCA-innov24
En matière de transport de passagers, le puissant Syndicat des transports d'Île-de-France (Stif) donne souvent le ''la''. Et la conférence de presse du 13 mars dernier, donnée par Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et à ce titre également du Stif, fait de la sécurité - et, dans une moindre mesure de la sûreté - une de ses priorités. Son programme tient en trois grandes orientations : le déploiement d'agents de sécurité et d'équipements de vidéosurveillance dans les bus et les gares routières ; un meilleur partage des outils entre opérateurs de transport et l’État afin de coordonner les forces sur le terrain, notamment avec la généralisation d'un numéro d'alerte unique (le 3117), et enfin le déploiement d'équipes de cynophiles pour la détection d'armes à feu et d'explosifs.

10 millions d'euros pour une nouvelle force de sécurité dotée de 200 agents

En clair, le Stif prévoit de renforcer la présence humaine avec pas moins de 200 nouveaux agents de sécurité. Ceux-ci seront surtout destinés à couvrir la grande couronne, jugée par la présidente du Stif trop longtemps délaissée. Soit un investissement de 10 millions d'euros sur 4 ans qui s'ajoute aux 130 millions d'euros versés chaque année par le Stif pour assurer une présence humaine au travers de forces comme la Surveillance générale (Suge), la police ferroviaire de la SNCF ainsi que le Groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR) de la RATP ou encore les médiateurs de la SNCF, des réseaux Optile ou le réseau bus de nuit de la RATP.

« [Ces agents de sécurité] pourront effectuer un îlotage dissuasif, intervenir en cas d'incivilité, accompagner le contrôle et assurer la mise en sécurité des voyageurs et des conducteurs, précise la présidente du Stif qui s'inspire de la loi Savary, votée en mars 2016, afin de clarifier le statut des agents de sécurité chez les opérateurs de transport - hors RATP et SNCF - notamment chez les sociétés CIF, TRA et STRAV : soit sous la forme d'un service interne de sécurité soit sous celle d'un service externalisé auprès de sociétés privées de sécurité. Ils pourront également procéder à des contrôles d'identité et retenir les contrevenants en gare [...] Les sociétés TRA et STRAV seront les premières à bénéficier de ce nouveau dispositif avec l'attribution d'une subvention leur permettant de recruter 6 agents de sécurité chacune. » Un début bien modeste par rapport aux 200 agents promis.

Transports gratuits pour les 9.000 policiers de la grande couronne

En réalité, il s'agit davantage d'agents de sécurité que de sûreté car, à la différence des opérations Sentinelle et Vigipirate, leur mission, aussi précieuse soit-elle, ne consiste pas à réagir face à des terroristes. Précisons que les prochaines recrues en sécurité ne remettent pas non plus en cause les 455 agents de médiation déjà en place sur le réseau Optile (qui rassemble 70 entreprises de transport de passagers, 1.000 lignes et 5.000 véhicules pour assurer 1 million de voyages par jour surtout en grande couronne). Dans la foulée, Valérie Pécresse promet la gratuité des transports pour les 9 000 fonctionnaires de police qui habitent en grande couronne, soit un budget de 7 millions d'euros. Il faut savoir que seuls les 30 000 policiers de Paris et de la petite couronne bénéficiaient d'une telle convention.

Renforcer les systèmes de vidéosurveillance

Avec un budget annuel de 20 millions d'euros pour les équipements de  sécurité, le Stif comptabilise 23 000 caméras de vidéosurveillance à bord des bus et dans les gares ferroviaires. Côté installations fixes, le syndicat compte à présent outiller de systèmes de vidéosurveillance 70 gares routières, essentiellement en grande couronne au travers du programme d'équipement de la Préfecture de Paris. Des gares qui accueillent chaque jour 400 000 usagers. En parallèle, la refonte du schéma directeur des gares routières sera aussi présentée au conseil régional de mai prochain où le Stif devrait annoncer une subvention de 70% de tels frais d'équipement.

Côté véhicules, les 4 500 bus ainsi que les trams de la RATP sont déjà ''vidéoprotégés''. Quant aux bus du réseau Optile, ils le sont aussi à 80%. Les 20% restants devraient être comblés en 2018. En ce qui concerne les trains, l'objectif de 100% est fixé à 2021, sachant que 8 000 caméras ont été déployées dans les cinq plus grandes gares ferroviaires parisiennes et 5 500 dans les 392 gares franciliennes. Et que 9 500 caméras équipent aussi les 368 stations de la RATP. Reste à faire communiquer ces caméras embarquées en temps réel avec un PC de contrôle. Un réel défi car, à l'heure actuelle, les données sont stockées dans des disques durs qu'il faut vider une fois à l'entrepôt de maintenance.

Des équipes cynophiles pour accélérer la reprise de service

Véritable innovation en matière de lutte contre la menace terroriste, le Stif compte faire d'une pierre deux coups en recourant à 20 brigades cynophiles -  pour un budget de 4 millions d'euros de 2017 à 2019. Il s'agit, d'une part, de détecter la présence d'explosifs dans des bagages abandonnés et, d'autre part, de réduire à 5 ou 15 minutes au lieu d'une heure le temps nécessaire à la levée de doute afin d'accélérer la reprise de service après la découverte d'un bagage abandonné, susceptible de renfermer des explosifs. « Une ligne de RER perturbée en heure de pointe à cause d'un colis abandonné met deux à trois heures pour retrouver un trafic normal », rappelle Valérie Pécresse. Sur son réseau, la SNCF enregistre ainsi 1 500 interventions par an depuis 2014 !

Un PC de sécurité centralisé

Dernière grande mesure du Stif, créer, pour un budget de 6 millions d'euros, un Centre de coordination opérationnel de sécurité (CCOS) qui va rassembler dans un lieu unique, sous l'autorité du préfet de police, la Préfecture de police ainsi que les correspondants sûreté des opérateurs de transport, dont ceux de la RATP et de la SNCF. Interopérable avec les systèmes de d'information des opérateurs de transport, le CCOS pourra agréger toutes les informations provenant de ses partenaires : images de caméras de vidéosurveillance, géolocalisation des équipes, cartographies numériques... Sa mise en route est prévue pour 2019.

Erick Haehnsen

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