Gérer les risques aujourd'hui et demain

Malveillance et incendie : Expoprotection 2016 emmène ses visiteurs de la prospective jusqu'au marché

23-11-2016

Prototypes, startups, débats prospectifs, innovations, nouveautés... Les acteurs du monde de la sûreté, de la sécurité et de la lutte contre l'incendie ont profité de la caisse de résonance d'Expoprotection 2016 pour dessiner les contours des nouvelles voies de progrès : de la réflexion prospective à 15 ans jusqu'au marché.

Expoprotection 2016 a accueilli 298 nouveaux
exposants; © D.R.
Pour sa 26ème édition, le salon Expoprotection, qui s'est déroulé du 7 au 9 novembre 2016 au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, s'est résolument tourné vers l'innovation et la prospective en matière de gestion des risques. L'idée ? Livrer aux visiteurs les clés pour comprendre et anticiper les grands changements de demain sur le terrain de la sûreté, de la sécurité, de la lutte contre l'incendie et de la cybersécurité. Sur 42.000 m2, plus de 745 exposants (en incluant les exposants de solutions de sécurité et santé au travail), dont 298 nouveaux venus (comme Boon Edam, Cavius, CES France, Comelit-immotec, Cyrus Industrie, Francofa-Eurodis, Pixiel...), se sont rassemblés pour présenter leurs nouveautés, leurs innovations, voire leurs prototypes. Parmi les acteurs de renom qui ont renouvelé leur confiance, citons, entre autres, Alcéa, Andrieu Extincteurs, AS Labonne, Assa Abloy Hospitality, Aviss, Axis Communications, La Barrière Automatique, Bolloré Protection, Bosch Security Systems, Canon France, Desautel, Eryma, Eurofeu, Finsecur, HID Global, Mitsubishi Electric, Mobotix, Pelco By Schneider, SimonsVoss, Sony France, Til Technologies, Traka Assa Abloy, Tyco, Vanderbilt... Une chose est sûre : Expoprotection a intensifié sa dimension internationale avec plus de 40% d’exposants provenant de plus de 30 pays.
Guillaume Vassault-Houlière, PDG de la startup
YesWeH4ck. © TCA-innov24
Place à la prospective

Dans son programme ''Expoprotection Demain'', deux espaces se sont répartis les rôles. A commencer par Le Live, un lieu où se sont déroulées 8 conférences 100% prospective et le Hub qui a accueilli une douzaine de startups dans les domaines de la prévention et de la gestion des risques. Sur Le Live, pas moins de cinq conférences ont tenté d'esquisser l'avenir de notre sécurité jusqu'à l'horizon 2030. Dans ce contexte, les « Nouveaux risques, nouveau droit et nouvelles responsabilités de l’entreprise de demain » ont interpellé des avocats comme Jérôme Giusti, président de Droits d'urgence, Lucile Brandi-Sommerer, spécialisée dans le droit social et Etienne Deshoulières (propriété intellectuelle). Ensemble, ils ont mis en lumière les risques liés à la numérisation des activités de l’entreprise, l'accès possible à toutes les données, la connexion permanente des collaborateurs... Une évolution qui va certainement conduire les juristes à repenser le droit notamment pour déterminer les responsabilités des salariés ainsi que les droits de l’employeur...

Recruter des hackers via une plate-forme

Autre thématique : « Les métiers de demain de la sécurité et de la sûreté ». Une table ronde à laquelle ont participé Lucas Le Bel, PDG de la startup Cerbair, Guillaume Vassault-Houlière, PDG de la startup YesWeH4ck et Bilel Benbouzid, maître de conférence au Laboratoire interdisciplinaire sciences, innovations, sociétés (Lisis). Toute la problématique part une fois encore de la transformation digitale en tant qu'objectif stratégique pour les entreprises. Certes, cette révolution est porteuse de promesses. En revanche, les contreparties en termes de sécurité et de sûreté sont nombreuses. A l'avenir, pour assurer la sécurité de ces organisations transformées, de nouvelles expertises et compétences seront nécessaires. Voire de nouvelles organisations. En témoigne la startup YesWeH4ck qui propose une plate-forme d'intermédiation entre les entreprises et les hackers vertueux. Objectif : rémunérer ces derniers pour qu'ils débusquent les failles de sécurité dans les systèmes d'information des entreprises. « Certains peuvent gagner jusqu'à 20.000 euros pour un bug ! », souligne Guillaume Vassault-Houlière, PDG de la startup YesWeH4ck. Qu'en sera-t-il à l'avenir ? D'autres questions de prospective ont animé le Live. Notamment « Comment rendre plus sûre la ville intelligente de demain ? », « Anticiper et prévenir l’émergence des délits du futur », « Dessine-moi le (cyber) pompier de demain ».
Arnaud Cuny, directeur général de la start-up
Fall Alarm System présente son boîtier de protection
du travailleur isolé. © TCA-iinov24
12 startups mises en scène sur le Hub

Quant au Hub, avec 8 startups sur 12, il a fait la part belle à la gestion des risques et de la malveillance, un secteur devenu ''sexy'' en termes d'innovation auprès des jeunes entrepreneurs. Les visiteurs ont été impressionnés par le système de détection de drones malveillants avec Cerbair ainsi que par la première plate-forme européenne de Bug Bounty de YesWeH4ck (voir plus haut). Citons aussi Qowisio, un nouvel opérateur de réseau bas débit pour l'Internet des Objets (IdO) qui associe une plate-forme logicielle et un catalogue de capteurs communicants comme des détecteurs incendie. Des services à valeur ajoutée qui seront bien nécessaires pour concurrencer un autre Français, Sigfox, qui après avoir levé 100 millions d'euros en 2015, est en train de boucler un nouveau tour de table de 150 millions ! « Nous disposons d'un savoir-faire interne qui nous permet de concevoir et fabriquer des objets connectés dont le prix est en rapport avec l'application, comme par exemple des traceurs GPS pour palettes vendus moins de 2 euros », explique Cyrille Le Floch, président de l'entreprise Qowisio qui vise les PME souhaitant se positionner sur le marché des objets connectés, sans avoir à investir lourdement en études préalables.

Par ailleurs, Fall Alarm a présenté un objet connecté pour la Protection du travailleur isolé (PTI) qui innove grâce à un algorithme capable de différencier une chute d’un saut ou encore d’une immobilisation prolongée. « Sur la bretelle de son harnais, le travailleur isolé accroche notre boîtier doté d'un algorithme qui, après un test de 1.000 chutes avec un mannequin anthropomorphique, reconnaît la signature entre un saut une chute accidentelle, souligne Arnaud Cuny, directeur général de Fall Alarm System. Le boîtier fonctionne de façon autonome mais il peut aussi dialoguer par GSM avec notre plate-forme afin de déclencher les secours. »


La navette autopropulsée de Trem le long d'un rail
à crémaillère pourrait sauver de nombreuses vies
en cas d'incendie. © TCA-innov24
De son côté,  la startup canadienne Trem valorise les décennies d'expérience en architecture de Julien Tremblay. Lequel veut sauver des vies humaines en cas d'incendie grâce à sa navette autopropulsée d’intervention qui se déplace sur un rail vertical à crémaillère monté tout au long de la façade. « Chaque navette se monte en 5 à 7 secondes et peut embarquer 6 personnes à la vitesse de 300 mètres par seconde en montée et 500 mètres par seconde en descente », précise Julien Tremblay.

Enfin, le badge Lockit de Gablys verrouille votre ordinateur dès que vous vous en éloignez. De quoi sécuriser l’accès aux données et protéger de toute tentative d’intrusion. Pour sa part, la startup Qwidam cherche à faire converger les citoyens, les institutions publiques et les professionnels vers un seul média social dédié. Lequel propose 3 services : un réseau citoyen de proximité, un service d'information aux populations pour les institutions privées et publiques et un réseau sécurisé pour les grands groupes afin de renforcer la sécurité des salariés. Dans un autre registre, Toucango d'Innov + développe un système de reconnaissance faciale pour éviter l’endormissement au volant dans le but de réduire le nombre d’accidents sur les routes liés à l’hypovigilance du conducteur. Enfin, citons Hublex qui veut concurrencer Segway avec son gyropode de nouvelle génération, à savoir un véhicule électrique d'à peine 8 à 12 kg, destinés aux salariés se déplaçant à l'intérieur de sites fermés de grande taille. Ce qui pourrait intéresser les agents de sécurité ou les logisticiens. Le caractère innovant de ce gyropode repose sur son design, son dispositif d'entraînement direct de moteur sur roues ainsi que sur un système de commande sans fil permettant de supprimer la communication filaire.


Pixiel Security a reçu le Trophée d'Or
d'Expoprotection 2016. © Pixiel Security
Des Trophées Expoprotection 2016 sélectionnés à partir de 300 innovations

Pour la 26ème édition d'Expoprotection, les exposants ont fait découvrir aux visiteurs pas moins de 300 innovations et nouveautés. En amont du salon, 80 dossiers ont été déposés afin de concourir aux Trophées d'Expoprotection. Pour la première fois, le jury de 22 experts et utilisateurs finaux a été en mesure d'annoncer les lauréats le 18 octobre, en amont du salon. Dans la catégorie « Risques Malveillance et Incendie », l'or est revenu à Pixiel Security pour Neosafe, sa solution de drones automatiques pour la surveillance et la protection des infrastructures industrielles et sites sensibles. Le trophée d'argent est revenu à STiD pour sa solution STiD Mobile ID de contrôle d’accès mobile développée avec les technologies RFID et Bluetooth Smart afin de transférer le badge d’accès sur les smartphones Android et iPhone, en complément ou remplacement d’un badge traditionnel. Quant au bronze, il va Optex Security pour son système de détection d'intrusion nouvelle génération Laser RSL-2020 qui démocratise l'usage du laser. La mention spéciale du jury a été attribuée à Visiom qui a présenté la solution développée par Evolv de détection des masses métalliques par ondes millimétriques. Une chose est sûre : ces innovations sont mûres et vont trouver leurs marchés.

Erick Haehnsen

Ce site modère les commentaires. Votre commentaire sera visible uniquement s'il est validé par la rédaction.

Vos réactions (0)

Soyez le premier à réagir / Signaler un abus

Réagissez

Votre adresse email ne sera pas publiée
Ce site modère les commentaires. Votre commentaire sera visible uniquement s'il est validé par la rédaction.
{literal} {/literal}