Gérer les risques aujourd'hui et demain

Une « peau » intelligente pour se tenir droit

08-02-2019

On avait l’habitude des robots en matériaux durs. Voici maintenant la peau robotique, en matériaux souples, qui transforme n’importe quoi en robot. Parmi ses prochaines applications, une chemise robotique pour aider à corriger les mauvaises postures.

Grâce à des données posturales préalablement enregistrées,
la peau peau robotique détecte les mauvaises postures.
© Yale University
Transformer n’importe quel objet en robot : telle était l'ambition de l'équipe de chercheurs de l’Université de Yale, aux États-Unis, à l'origine de ce concept robotique original développé pour le compte de la Nasa, l’agence spatiale américaine. En effet, celle-ci voulait déployer dans l’espace des robots multi-usage à moindre coût. « C’est dans cette optique que nous avons développé la technologie de peau robotique qui peut s’appliquer à n’importe quel objet disponible », explique Rebecca Kramer-Bottiglio, professeure assistante à l'Université de Yale.

Une peau transférable d’un objet à l’autre

La peau robotique contient non seulement des capteurs mais aussi des batteries qui alimentent en énergie les actionneurs pneumatiques qui sont cousus dessus. De cette manière, chaque objet acquiert la capacité d’opérer des mouvements contrôlés par une carte électronique. Par exemple, les quatre pattes d'un cheval en peluche ainsi enveloppées lui permettront alors de se déplacer. « L’avantage de la peau robotique, c’est qu’elle est conçue pour être appliquée à n’importe quel objet afin d'accomplir un type de tâche précis. Elle sera, ensuite, retirée et transférée très aisément à un autre objet pour accomplir une mission complètement différente, poursuit Rebecca Kramer-Bottiglio. On peut utiliser un module pour accomplir des gestes simples, comme ramper, ou plusieurs modules pour mener des missions plus élaborées. »

Des données préalablement enregistrées

Jusqu'à présent, les prototypes construits par les chercheurs de l’Université de Yale portent des cylindres en mousse rampant sur le sol, un préhenseur robotique qui permet de saisir et déplacer des objets et, bien-sûr, le cheval en peluche. « On peut aussi s’envelopper soi-même !, reprend la scientifique. Nous avons ainsi instrumenté le haut du buste d’une personne pour créer une chemise qui aide à corriger les mauvaises postures. » Grâce à des données physiologiques préalablement enregistrées, la chemise robotique détecte la mauvaise posture de l’individu, par exemple le dos trop relâché ou la tête trop baissée. Elle communique alors avec la personne grâce à ses actionneurs pneumatiques pour l’inciter à se redresser.

Erick Haehnsen

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