Gérer les risques aujourd'hui et demain

L’Organisation internationale du Travail exhorte les gouvernements à adopter ses normes

08-03-2019

Pour faire reculer l’exploitation des travailleurs dans le monde et instaurer les principes du travail décent, l’organisme a mis au point des centaines de normes. A l’occasion des 100 ans de sa création et dans le cadre de sa campagne « Une pour tous », l’OIT veut encourager les États-membres à ratifier au moins une de ses conventions.

Carte de ratification du centenaire de l'OIT.
(c) OIT
Selon l’étude « Emploi et questions sociales dans le monde – Tendance 2019 » de l’Organisation internationale du Travail (OIT), 700 millions de personnes vivent malgré leur emploi dans une situation d’extrême pauvreté ou de pauvreté modérée. Face à ce constat et à l’occasion de son centenaire, l’organisation appelle les gouvernements à ratifier au moins une de ses conventions ou l'un de ses protocoles de travail cette année.

Faire reculer l’injustice sociale à coup de réglementations


« La ratification des normes internationales du travail de l’OIT et leur application pleine et entière finiront par améliorer les moyens d’existence de millions de travailleurs qui sont aujourd’hui, comme il y a cent ans, confrontés à d’énormes difficultés. La mise en œuvre des normes internationales du travail garantit que personne n’est laissé de côté dans le monde du travail », estime Corinne Vargha, directrice du département des normes internationales du travail. D’où la mission de l’organisme : « Depuis cent ans, l’OIT a élaboré et contrôlé l’application de normes qui font vivre la justice sociale, le travail décent et une mondialisation juste », indique Tim De Meyer, conseiller principal à la stratégie normative. Rappelons que ces conventions ont été élaborées avec les représentants des gouvernements, les employeurs et les travailleurs selon trois catégories.

Lutte contre le travail des enfants

Premièrement, les normes relatives aux droits fondamentaux des êtres humains concernent l’exploitation des enfants, le travail forcé, la discrimination au travail, le droit d’organisation et la négociation collective. A cela s’ajoutent les conventions de gouvernance relatives au dialogue social, à l’inspection du travail et aux politiques en faveur du plein emploi. Enfin, les conventions techniques couvrent les enjeux relatifs à l’emploi, par exemple via des salaires minimaux, à la sécurité sociale ou encore à la santé et la sécurité au travail.

187 gouvernements déjà conquis

Pour mener à bien cette quête de ratification qui entre dans le cadre de sa campagne « Une pour tous », l’organisme s’est doté d’un outil informatique mesurant les progrès. Sur son site, figure désormais un tableau de bord qui affiche en temps réel chaque nouvelle ratification sur la carte du monde. D’ailleurs, on peut y voir que depuis le début de l’année, plus de 30 États-membres ont déjà signé un protocole. Depuis sa création en 1919, l’OIT s’efforce d'améliorer les conditions de travail dans le monde. Pour ce faire, elle a déjà élaboré plus de 189 conventions et 205 recommandations. Lesquelles ont été adoptées par quelque 187 gouvernements. Ces normes se sont traduites par des réussites tangibles, telles que la réduction du travail des enfants, qui sont passés de 246 millions en 2000 à 152 millions en 2016.

Ségolène Kahn

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