Gérer les risques aujourd'hui et demain

Télétravail : pour ou contre ?

07-12-2017

Cette pratique qui se démocratise à vitesse grand V au sein des entreprises, suscite de vives réactions. Inquiétudes pour certains, engouement pour d’autres en raison de l'augmentation de la qualité de vie. Quoi qu’il en soit, la mise en place du télétravail est une décision qui nécessite de prendre quelques précautions...

Scène de visioconférence avec des collègues travaillant
de leur domicile. © Lifesize
Depuis le 28 novembre, c'est acté : le projet de loi adopté en première lecture à l'Assemblée nationale supprime l'obligation pour l'employeur de prévoir dans un cadre collectif (un accord ou à défaut une charte) les règles de mise en place du télétravail lorsqu'il est effectué de manière régulière. Or cette décision, destinée à faciliter la mise en place de cette pratique de travail émergente, suscite de nombreuses réactions. Pour certains, le télétravail comporte de nombreux avantages : qualité de vie, équilibre entre vie professionnelle et vie privée, mobilité des salariés... De leur côté, les entreprises y voient un moyen d'accroître la qualité de vie au travail et donc leur compétitivité. À l’inverse, d’autres craignent une menace pour les droits des salariés.

Risque d'isolement du salarié

En particulier en ce qui concerne la Confédération française de l'encadrement (CFE-CGC) qui tire la sonnette d’alarme : « Le recours au gré à gré de manière généralisée, et non plus circonscrit à un télétravail occasionnel, comporte trop de risques d'atteintes aux droits des salariés concernés (discrimination, inégalités de traitement, non-respect des droits à la santé et au repos, du droit à la déconnexion, etc.). » Outre les risques juridiques, la confédération y voit également une menace sociale qui pourrait avoir une incidence sur la vie professionnelle des employés et leur place au sein de leur équipe de travail. À cet égard, elle cite ses partenaires sociaux qui estiment que « la juxtaposition d'arrangements et pratiques informelles peuvent conduire à des difficultés d'ordre organisationnel et de perception d'iniquité au sein de la communauté de travail. » Pour l’heure, la confédération appelle à la mise en place d’une charte ou bien d’accords collectifs d’entreprise capables de garantir les droits et intérêts des salariés. 

Le télétravail, un moyen de gagner en productivité ?

De l’autre côté du spectre, nombreux sont les acteurs qui voient de nombreux avantages à la mise en place du télétravail. En témoigne une étude réalisée par le cabinet de conseil en ressources humaines Kronos selon laquelle les collaborateurs qui travaillent depuis chez eux ou depuis des espaces de co-working proches de leur domicile gagnent 45 minutes de sommeil en plus, ont 5,5 jours d'arrêt maladie en moins par an, passent 2,5% plus de temps à travailler. Ce qui leur ferait gagner 22% en productivité. Outre ce gain de temps, figure également la possibilité d’organiser son temps plus librement, par exemple afin de se consacrer à des loisirs ou encore à la vie familiale. 

L’engouement du télétravail pour les entreprises

Qu’on soit favorable ou non à cette pratique, son déploiement
 semble irréversible. Ainsi le fournisseur de matériel de visioconférences Lifesize estime-t-il que jusqu'à 70% des entreprises européennes proposeront du télétravail, au moins à temps partiel d'ici à 2020. « Cette pratique résout nombre de problèmes pour l'entreprise. À commencer par l'élargissement du bassin d'emploi pour trouver les meilleures recrues, explique Hugues de Bonnaventure, responsable de l’information chez Lifesize qui propose des solutions de visioconférence. On peut citer également la réduction des frais de transports et celle des investissements dans les locaux. Au Royaume-Uni, on calcule qu'un salarié qui télétravaille ne serait-ce que la moitié de son temps fait ainsi économiser plus de 7.000 euros à son entreprise chaque année. »

Comment mettre en place cette pratique correctement ? 

Pour appuyer ses arguments, le fournisseur a publié récemment un communiqué répertoriant les bonnes pratiques à adopter pour mettre en place cette pratique au sein d’une entreprise. Parmi ses recommandations, citons la nécessité de tester au préalable le télétravail à petite échelle. « Pour convaincre les managers sceptiques, il suffit de tester le télétravail sur un petit groupe ou sur une petite partie du temps. De plus, ce test aura le mérite de servir à définir des bonnes pratiques », explique Hugues de Bonnaventure.

Initier les télétravailleurs aux bonnes pratiques

Distractions intempestives, difficulté à séparer vie privée et vie professionnelle, danger de travailler en dehors des heures “normales”... Nombreux sont les pièges dans lesquels pourrait tomber un télétravailleur. Pour Lifesize, il s’agit donc avant tout de sensibiliser les salariés aux bonnes pratiques telles que recréer un environnement productif et professionnel chez soi. Mais aussi de dresser un planning de tâches consciencieusement respecté. « Cette hygiène est la clé de leur productivité, car elle élimine le sentiment de ne pas vraiment être en train de travailler quand on est chez soi » estime Hugues de Bonnaventure.

Maintenir le contact avec l'équipe

L’un des principaux risques de travailler seul chez soi réside également dans l’isolement. Or, sans émulation de la part des collègues, c’est la motivation et la productivité qui baissent. Pour éviter cela, il est donc important que les collègues restent en contact les uns avec les autres, par exemple grâce aux messageries instantanées et aux visioconférences.

Ségolène Kahn

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