Gérer les risques aujourd'hui et demain

Sinistralité : des chiffres en baisse sauf dans l’intérim et l’aide à la personne

15-11-2018

Selon les derniers chiffres annuels de l’Assurance Maladie-Risques Professionnels, la fréquence des accidents du travail a enregistré une nouvelle baisse de 0,5% en 2017, passant à 33,4 accidents du travail pour 1 000 employés.

Une aide-soignante et un agent hôtelier en train d’échanger
avec une résidente en EHPAD.
© Clément Portal pour l’INRS
Le bilan de l’année 2017 est globalement bon : selon le bilan annuel de la branche risques professionnels de l’Assurance Maladie, les accidents du travail connaissent une baisse sensible, par rapport à 2016. Si certains secteurs tels que le BTP incarnent bien cette amélioration, d'autres, comme l’aide à la personne et l’intérim, persistent dans la mauvaise direction. Comptons également une hausse des accidents de trajet, avec 92 741 cas (+4,3%). En cause, le risque routier pour la moitié d’entre eux...

Le BTP en progression


Du fait de son haut potentiel de sinistralité, le BTP est un secteur très surveillé par les organismes de santé et de sécurité au travail. Grâce aux évolutions réglementaires et aux obligations d’anticiper les risques professionnels, les entreprises du secteur poursuivent leurs efforts. Equipements de protection, évaluation des risques, mise en place d’environnements de travail adaptés… Grâce à de telles initiatives, si le taux d’accidents reste très élevé (56,8 accidents pour 1 000 salariés), il connaît tout de même un repli notable de 3%.

Les aides-soignants en souffrance


Tout le monde ne peut pas en dire autant, en particulier dans le secteur des services à la personne, dont les professions sont exposées à des taux de pénibilité élevés. Décès, support psychologique face à la maladie, toilette intime des patients, horaires de nuit, sous-effectif… certaines activités sont particulièrement sinistrogènes, surtout dans les EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) et l’aide à domicile. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : la fréquence des accidents a grimpé de 52,8 à 97,2. Et c’est sans compter l’épuisement professionnel ou les burn-out.

L’intérim, une activité dangereuse


Autre filière très accidentogène, l’intérim déplore une nouvelle évolution négative, avec une fréquence s’élevant à 53,6. Le rapport met en avant la reprise économique depuis 2016, suscitant des chantiers d’envergure, tels que le Grand Paris, avides de main d’oeuvre. Peu ou mal formés, passant de poste en poste, ignorant les risques liés à leurs différentes activités, les intérimaires sont donc particulièrement exposés aux accidents du travail. De son côté, le secteur de la manutention manuelle n'est pas non plus à la fête : il s’octroie 51% des accidents du travail dont 28% sont dus aux chutes de hauteur, souvent mortelles.

Augmentation des cancers et affections psychiques


Du côté des maladies professionnelles, le bilan est mitigé. Il s’atténue très légèrement avec une baisse de 0,5% des nouveaux cas reconnus en 2017 (48 522). En particulier du côté des pathologies liées à l’amiante, avec une diminution de 5,9%. Ce qui n’est pas le cas des cancers (sans lien avec l’amiante) qui continuent de sévir, avec une hausse de 12,2% (414 cas). Même son de cloche pour les affections psychiques, telles que le stress et le burn-out, qui sont en hausse de 35% (806 cas).

Ségolène Kahn

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