Gérer les risques aujourd'hui et demain

Un tiers des fonctionnaires se « shoote » aux antidépresseurs pour faire face à la pression

07-07-2019

C’est une étude choc que révèle la mutuelle MFP : nos fonctionnaires, loin d’être en si bonne santé qu’ils ne le croient (un tiers étant victime d’une affection de longue durée), sont souvent contraints à céder aux antidépresseurs et aux somnifères pour supporter le quotidien.

70% des fonctionnaires souffrent de troubles musculo-squelettiques. © Rodolphe Escher / INRS
Diabète, antidépresseurs, troubles musculo-squelettiques (TMS), alcoolisme… dans quel état de santé se trouvent nos fonctionnaires ? Une question à laquelle se propose de répondre l’union de mutuelle de la fonction publique MFP dans la 3ème édition de son baromètre. En toile de fond, cela fait huit ans que la mutuelle cherche à mettre en lumière les enjeux de santé publique des fonctionnaires afin de mieux cibler les actions à accomplir en priorité. A cette occasion, le baromètre qui a été réalisé en partenariat avec la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) deux ans après l’édition précédente, a questionné un échantillon représentatif de 21.723 fonctionnaires.

Hausse des maladies chroniques

Premier constat, 84% des sondés s’estiment en bonne santé, 13% se sentent même en très bonne santé. Bonne nouvelle ou excès d’optimisme ? Quoi qu’il en soit, la situation n’est pas si rose et nombreux sont les fonctionnaires qui souffrent de maladies chroniques, en particulier d'Affections de Longue Durée (ALD) pour le tiers des interrogés. Parmi ces maladies figurent par exemple l’accident cardiovasculaire cérébral invalidant, les cirrhoses, l’hypertension artérielle, la mucoviscidose ou encore la sclérose en plaque. Et la situation ne semble pas près de s’améliorer… 35% de ceux qui souffrent d’une maladie métabolique comme le diabète ou le dérèglement de la thyroïde voient leur ALD progresser de huit points comparé à 2017, 31% des maladies du cœur et des artères ont grimpé de dix points et 31% des maladies respiratoires de quatre points.

Antidépresseurs et alcoolisme en progression

Côté risques psychosociaux (RPS), les fonctionnaires ne sont pas non plus épargnés, en particulier ceux qui doivent s’occuper d’un proche au quotidien et dont le nombre a augmenté de 5 points depuis 2017. Contraintes journalières, inquiétudes, responsabilités pesantes… ces aidants représentent la part la plus atteinte par les RPS. De fait, ils sont aussi ceux qui consomment le plus de benzodiazépines (33%) tels que les somnifères et les anxiolytiques. Stilnox, Xanax, Lexomil, Valium… Face à la pression, au stress, aux insomnies ou encore aux inquiétudes du lendemain, nos fonctionnaires sont nombreux (un tiers) à avoir déjà cédé à la consommation de benzodiazépines au cours des douze derniers mois. Sans surprises, ce sont les travailleurs de la catégorie C (la plus difficile) dans la Fonction Publique, c’est-à-dire les moins diplômés et les moins bien payés, qui sont les plus touchés par la dépression. Parmi ces derniers figurent par exemple les surveillants pénitentiaires et les douaniers. Par ailleurs, les antidépresseurs ne sont pas les seules addictions dont souffrent les interrogés. Si, comparé au reste de la population française, ils sont moins dépendants au tabac et aux jeux vidéos, une certaine proportion adopte des comportements inquiétants vis-à-vis de l’alcool (11%), soit deux points de plus qu’en 2017. Parmi ces derniers, ceux qui sont les plus touchés sont les hommes vivant en métropole (14%) ainsi que les fonctionnaires de catégorie A (15%).

Les deux tiers des fonctionnaires souffrent de TMS

Autre enjeu, les problématiques de santé au travail se font de plus en plus prégnantes dans la fonction publique. Surtout en ce qui concerne les troubles musculo-squelettiques (TMS) dont 70% des interrogés souffrent. Plus précisément, 48% se plaignent de douleurs au dos, 33% de la nuque et 32% des épaules. Pour ces derniers, ces maux seraient directement issus de leur activité professionnelle et donc au manque d’infrastructures ergonomiques. Résultat, les TMS impactent avec nocivité la vie quotidienne de 62% des interrogés. De fait, un sondé sur cinq a dû réclamer un arrêt de travail au cours de la dernière année. En réaction à ces nombreux problèmes, les fonctionnaires sondés ont été questionnés sur les méthodes alternatives de prévention qui pourraient améliorer leur situation. Parmi les réponses données, 7% souhaiteraient être également sur la polymédication...

Ségolène Kahn

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