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Rapport parlementaire : les forces de l'ordre dans des conditions « déplorables »

10-07-2019

Constituée pendant le mouvement des gilets jaunes, une commission d'enquête, présidée par Jean-Michel Fauvergue, dénonce la situation « dégradée » des policiers et gendarmes.

Chaque agent des forces de l’ordre cumule 164 heures supplémentaires. © Raid
Des casernes et des commissariats abandonnés par la puissance publique, un parc immobilier toujours dans une situation critique, un équipement de sécurité qui n’est pas à la hauteur des enjeux opérationnels, un parc de véhicules vieillissant, des rythmes de travail atypiques, un engagement opérationnel particulièrement intense, des heures supplémentaires qui s’accumulent, un sentiment d’abandon qui génère de la frustration… Présidée par le député Jean-Michel Fauvergue (LREM), ancien patron du Raid, une commission d'enquête de l’Assemblée nationale sur « les missions et les moyens des forces de sécurité » vient de remettre son rapport à l’Assemblée nationale mardi 9 juillet qui dénonce la situation "dégradée" des forces de l'ordre (police nationale, gendarmerie nationale, police municipale).

22% d'immeubles encore vétustes

Outre les traditionnelles auditions, dont celle du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, la commission a lancé en juin une consultation à laquelle ont répondu 13.735 gendarmes, policiers nationaux et municipaux et réservistes. En préambule, les deux auteurs, dont le député Christophe Naegelen (UDI-Agir), s'alarment d'une situation « critique de moyens maintes fois dénoncée ». Il ressort que près de 60% des gendarmes ne sont pas satisfaits de l'état de leur logement. « Nombreux parmi les femmes et les hommes qui servent dans la police ou la gendarmerie, travaillent dans des conditions déplorables, générées notamment par la vétusté des bâtiments », insiste Jean-Michel Fauvergue qui constate un sentiment d'abandon. Selon une étude de 2017, citée par le rapport, la direction générale de la police nationale comptabilisait 22% d'immeubles vétustes et 28% pour la préfecture de police. La situation n'est pas plus enviable pour les casernes domaniales de la gendarmerie, dont 80% ont plus de 50 ans.

7,4 ans : âge moyen des véhicules de la police

Le rapport fait également état d'un parc automobile vieillissant. En effet, l'âge moyen des véhicules de police est passé de 5,5 à 7,4 ans entre 2012 et 2018. Les véhicules blindés à roues (VBRG) de la gendarmerie mobile, régulièrement positionnés autour de l'Arc de triomphe pendant les manifestations des gilets jaunes, ont 45 ans en moyenne !

123 millions d’heures supplémentaires

Qualifiée de « coûteuse et source de frustrations », la gestion des ressources humaines chez les policiers accuse également une « accumulation exponentielle du nombre d'heures supplémentaires » avec un total de 123 millions, soit 164 heures par agent représentant un budget de 272,1 millions d'euros, comme l’indique un rapport sénatorial de juillet 2018 cité dans l’étude. Enfin, le rapport Fauvergue-Naegelen met en exergue la persistance des « tâches indues », comme la gestion des procurations électorales, évaluées à 8,7% de l'activité des policiers en 2018 (9% en 2017) et « l'alourdissement de la charge procédurale » avec une durée moyenne de 28 heures pour rédiger une procédure. Et Jean-Michel Fauvergue de souligner que la multiplication de tâches administratives toujours plus chronophages et complexes nourrit la frustration des forces de sécurité.

Erick Haehnsen

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