Gérer les risques aujourd'hui et demain

Les batteries au lithium-ion soumises aux tests incendie

11-01-2017

Ces batteries que l'on retrouve principalement dans les voitures électriques ainsi que les smartphones sont en réalité hautement inflammables. Et ce, en particulier durant la période de stockage en entrepôt. A cet égard, l'assureur FM Global vient de réaliser une série de tests incendie grandeur nature afin de mieux définir les règles de protection incendie associées à ces batteries.

Capture d'écran d'une vidéo témoignant des tests
qui ont été menés par FM Global. On voit clairement
l'incendie se propager de l'emballage à l'ensemble
du stock de batteries lithium-ion.
© TCA-innov24
Des smartphones qui s'enflamment, des voitures qui explosent, des avions qui prennent feu... Et tout cela, à cause d'une batterie lithium-ion. Le phénomène ne date pas d'hier et a enflammé la Toile à de nombreuses reprises. Dernièrement, c'est l'incendie ravageur qui est survenu à Steckborn en Suisse le 21 décembre 2016, à cause d'une batterie rechargeable d'un modèle réduit de voiture. Si les batteries lithium-ion sont prisées par les constructeurs de matériels électroniques en vertu de leur puissance en tant qu'accumulateur électrique, elles sont aussi particulièrement inflammables. En cause, l'emballement thermique qui risque de survenir lorsque la température ambiante est trop élevée. Face à ce problème, la sécurisation des accumulateurs est devenue un enjeu crucial pour les industriels. Dans ce sillage, le spécialiste de l'assurance dommages FM Global vient de réaliser des tests incendie grandeur nature afin de mieux définir les règles de protection incendie associées à ces batteries.

Des tests incendie dans un complexe de 10.000m²
 
Alors que le risque d'explosion est encore plus élevé dans les entrepôts pouvant contenir un grand nombre de ces batteries, l'assureur a élaboré un nouveau programme de recherche centré sur la protection incendie dans ce type de lieu de stockage. Dans ce cadre, l'assureur a choisi d'effectuer des tests incendie grandeur nature dans l'enceinte de son pôle de recherche basé à West Glocester, dans le Rhode Island aux Etats-Unis. Ce complexe, dont la superficie de 10.000 m² s'étale sur six étages, abrite un laboratoire consacré à l’étude du risque d’incendie, et restitue un entrepôt dans lequel serait disposé un immense stock de batteries dans leur emballage. Par ailleurs, le programme, qui a bénéficié de partenariats avec l'ONG Property Insurance Research Group (PIRG) ainsi qu'avec la Fire Protection Research Foundation (FPRF), n'est pas parti de nulle part puisqu'il s'est appuyé sur un rapport de recherche qu'avait déjà conduit l'assureur en mai 2013.

Plus les batteries sont volumineuses, plus elles sont inflammables

De ces tests, plusieurs conclusions ont été tirées. Tout d'abord, les experts ont constaté que les emballages carton et plastique avaient tendance à s’enflammer avant que le feu ne se propage aux batteries. D'autre part, les batteries au lithium-ion grand format, que l'on trouve dans les voitures électriques, présentent généralement un risque d’incendie plus important que les batteries petit format utilisées dans les smartphones et les ordinateurs portables. Ce qui explique les explosions de voitures... Qui plus est, ces batteries grand format ont tendance à s’enflammer plus rapidement en cas d’incendie. Enfin, si un incendie se propage dans un entrepôt, notamment à cause d'une explosion provoquée par une batterie, l'assureur recommande d'installer des sprinklers ou extincteurs automatiques à eau en toiture, correctement dimensionnés. En témoignent les vidéos des tests qui ont été publiées : si les images y sont impressionnantes, l'on voit clairement comment l'incendie semble se cantonner aux emballages cartons, puis tout à coup, embraser le stock de batteries lithium-ion, et enfin comment le feu est tout à fait maîtrisé par les sprinklers au-dessous desquels le stock a été disposé. A l'issue de ces tests, des fiches techniques de prévention des sinistres seront constituées à l'attention des managers de risques, des directeurs de sites industriels ou logistiques ainsi qu'aux organismes chargés d’établir les codes et standards à ce sujet.

Ségolène Kahn

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