Gérer les risques aujourd'hui et demain

Le français Icohup compte surfer sur la vague des JO avec ses détecteurs de radioactivité

09-07-2019

La société, présidée par Gilles Patton, propose une gamme de capteurs pour les professionnels du nucléaire, des hôpitaux et de la sécurité défense. Son offre intéresse notamment la protection des sites qui accueilleront les sportifs et les visiteurs aux prochains Jeux Olympiques 2024.

Gaël Patton fait partie des lauréat du concours I-Labs 2019.© Icohup
Les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 vont être l’événement sportif le plus important jamais organisé en France. Qu’on en juge. La trentaine de sites dont plus de 25 implantés en Île-de-France vont accueillir plus de 17.000 sportifs rien qu’au futur Village olympique de Saint-Denis (93) ainsi que de deux à trois millions de visiteurs étrangers. La sécurité sera à la mesure de l’événement avec la présence de 35.000 gendarmes et policiers, 10.000 militaires, 3.500 personnels de sécurité civile et 20.000 agents de sécurité privée. Ce sont, du moins, les chiffres annoncés par le Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) Paris 2024 qui a établi en partenariat avec le Comité stratégique de la filière Industries de sécurité le cahier des charges pour identifier les solutions innovantes capables d'assurer la sécurité de cet événement.

Prise en compte des risques NRBCE

Quatre appels à manifestation d’intérêt (AMI) ont été lancés au printemps dernier. Les résultats sont attendus d’ici la fin de l’année. Le cahier des charges porte sur le contrôle d’accès (AMI 1), la sécurité des sites et des lieux (AMI 2), la gestion des incidents et des crises (AMI 3) et la neutralisation de drones malveillants (AMI 4). Une belle occasion pour les acteurs de la filière sécurité de promouvoir leurs innovations. A commencer par la startup Icohup qui développe des capteurs pour détecter et identifier la présence de sources radioactives. Cette menace est d’ailleurs bien prise en compte par les AMI 1,2 et 3. Lesquelles portent, entre autres, sur des solutions pour détecter et identifier les risques  NRBCE (Nucléaire, radiologique, bactériologique, chimique, explosif). « Nous sommes en discussion avec différents groupements spécialisés dans la défense et la sécurité », indique Gaël Patton, cofondateur d’Icohup et docteur en physique de l'Institut Lumière Matière (ILM) de l’Université Claude Bernard Lyon 1 / CNRS.

Des détecteurs radiologiques pour la sécurité des sites

Créée en 2016, l’entreprise basée à Limoges compte une dizaine de personnes dont des docteurs et ingénieurs. La semaine dernière, grâce à Rium, son détecteur personnel de radioactivité pour le grand public, elle figure parmi les 75 lauréats d’i-Labs 2019, le concours d’innovation Deep Tech lancé par le ministère de l’Enseignement supérieur, la recherche et l’innovation. De quoi susciter la confiance des investisseurs qu’elle vient de solliciter pour une nouvelle levée de fonds de 2,5 millions d’euros contre 410.000 euros levés l’an dernier. Ce second tour de table va lui permettre de se développer à l’étranger et d’industrialiser son offre de produits qu’elle assemble elle-même dans ses locaux. Après son détecteur grand public lancé en 2018, l’entreprise commercialise cette année une gamme de détecteurs radioactifs pour les milieux hospitalier, nucléaire et sécurité-défense. Pesant plusieurs kilogrammes pour des appareils fixes et autonomes contre 190 grammes pour le modèle de poche, ils enferment aussi un matériau scintillateur qui émet de la lumière quand il est irradié. « Comme notre détecteur Rium, il leur suffit de mesurer le spectre lumineux pour déterminer quelle est la source de la radioactivité », indique Gaël Patton.

Quelques minutes suffisent pour déployer un réseau

Ce dernier estime innover sur deux points. Le premier concerne sa capacité à détecter et à comprendre l’origine des sources de rayonnement. S’agit il par exemple d’un isotope médical, très actif mais avec une faible durée de vie, ou d’un résidu minier d’uranium, moins actif mais avec une très long durée de vie. Une fois la source identifiée, l’information est transmise en temps réel via les réseaux privés ou public (4G, WiFi, filaire, etc) vers une plateforme web où elle sera mise à disposition des responsables sécurité qui pourront visualiser les données, géolocaliser les capteurs et dépêcher des secours. « Nous sommes les seuls à proposer une solution de réseaux de plusieurs dizaines, voire de centaines de capteurs de radioactivité déployables en quelques minutes », met en avant le dirigeant dont les détecteurs sont notamment testés par des pompiers et des opérateurs de sécurité. L’enjeu étant de voir comment les capteurs interagissent avec les autres instruments de mesure dédiés aux autres risques biologiques, chimiques, etc.

Eliane Kan

Ce site modère les commentaires. Votre commentaire sera visible uniquement s'il est validé par la rédaction.

Vos réactions (0)

Soyez le premier à réagir / Signaler un abus

Réagissez

Votre adresse email ne sera pas publiée
Ce site modère les commentaires. Votre commentaire sera visible uniquement s'il est validé par la rédaction.